Honte à vous, Monsieur le Bourgmestre !

Du dernier conseil communal du jeudi 22 février, il faudra surtout retenir les propositions de motions et autres interpellations citoyennes.

arpentsVerts.jpgOutre l’examen de points de « communication » ou relatifs à la « gestion quotidienne » de la commune, approuvés à l’unanimité, certains points auront provoqué certains débats et discussions, et parfois rencontré la désapprobation de la minorité. Il s’agit principalement de dossiers déjà évoqués par le passé, et sur lesquels le conseil communal est divisé. Typiquement,  l’augmentation des tarifs des Arpents-Verts, les classes de dépaysement à Houdremont que la minorité n’a jamais vraiment soutenu, badi02.jpgou la réouverture d’un marché de travaux pour terminer le bassin didactique, projet que la minorité ne soutient pas non plus. Pour rappel ou information, depuis la faillite de l’entreprise qui réalisait les travaux, le chantier est à l’arrêt. Un nouveau cahier des charges a été élaboré par la commune afin d’identifier l’ensemble des travaux qu’il reste à réaliser. Le montant de ceux-ci est estimé à 177.482, 52 € HTVA. Nous serions nous-mêmes curieux de savoir à combien se monte actuellement le coût de réalisation de ce bassin didactique, projet de la majorité sur lequel nous avons de sérieux doutes : non pas que ce projet ne réponde pas à un besoin réel (la nécessité d’apprendre à nager à tous les enfants de la commune), mais la façon dont il a été mis sur pied et financé, sans qu’aucun business plan ni prise en compte des obligations légales en ce qui concerne la gestion d’une telle infrastructure, nous inquiète fortement. Outre le coût de construction de l’infrastructure – dont le montant n’a plus rien à voir avec le budget initialement prévu -, rien n’est réellement envisagé quant à sa gestion quotidienne, et aux coûts récurrents de celle-ci, qui engagent les citoyens gedinnois pour des décennies.

Les trois derniers points abordés (avant les questions « diverses »), auront suscité plus d’émoi dans l’assistance.

Tout d’abord, le projet de motion concernant « l’opposition au projet de loi autorisant les visites domiciliaires en vue d’arrêter une personne en séjour illégal », introduit par Territoires de la Mémoire auprès du conseil communal. Le bourgmestre, Vincent Massinon, a donc présenté le point… pour très vite s’interroger sur l’opportunité d’une telle motion. Pour sa part, il s’estime incompétent sur la question, estime que le lien fait avec les pratiques de la seconde guerre mondiale est exagéré… et propose finalement que chacun vote en son âme et conscience. Lui s’abstiendra… comme la majorité des autres membres de la majorité… Sylvianne Simon exclu, qui rejoindra la minorité et permettra – malgré tout – à la motion d’être retenue, ouf, l’honneur est sauf !

Mais comment Vincent Massinon, bourgmestre de notre commune et qui s’annonce à chaque opportunité comme défenseur des droits humains, peut-il finalement soutenir un tel projet de loi ? Car ne nous y trompons pas, dans de telles circonstances, et face à un tel projet de loi, s’abstenir équivaut bel et bien à soutenir la proposition de loi.

Bien sûr, il faut rappeler que Vincent Massinon est MR, parti qui participe au gouvernement fédéral et soutien donc cette proposition de loi déposée initialement par la NVA. Comment peut-il malgré tout lui même assumer les propos tenus à maintes reprises, lors de manifestations publiques, qu’il s’agisse à travers ses traditionnels discours de début d’année, ou de commémoration de l’armistice de la première guerre mondiale 1914-18, où ses paroles semblent témoigner des valeurs de mémoire et de respect que défend Territoires de la Mémoire ?

Retournons visiter ses dires, par exemple dans son discours à l’occasion du dernier relais sacré :
« …il est essentiel que nous continuions, chacun de nous, à tout moment, d’être des passeurs de mémoire ; que nous n’ayons de cesse de cultiver notre esprit critique, d’analyser le présent à l’aune du passé, de détecter les germes liberticides dans les discours populistes de ceux-là qui prétendent détenir la solution »

En précisant, pour ceux qui n’auraient pas compris :
« Et surtout à apprendre à nos enfants à en faire de même. Car c’est pour eux, pour leur avenir que nous sommes là.
« Et leur avenir déprendra de leur éducation. Entre autre de leur éducation à l’histoire des peuples, à la compréhension de ces monstrueux dérapages de l’histoire que furent par exemple les deux derniers conflits mondiaux »

Monsieur le Bourgmestre, merci de nous épargner dorénavant ces propos, ces mots et « formules » finalement vides de sens et de réelles convictions, dans votre bouche. Honte à vous qui feignez de défendre des valeurs d’humanité et de respect, et qui a la première – et peut-être la seule – occasion de mettre en pratique vos soi-disant convictions, fuyez lâchement devant la responsabilité que vous pourriez assumer avec force et autorité. Il n’en est donc rien, Monsieur le Bourgmestre, vos mots sont du vent !  Vous manquez de cœur et d’attention pour vos contemporains.

Pour qualifier votre attitude, nous rappellerons encore votre discours de début d’année (vœux 2018) qui se termine par ces mots de notre Roi Philippe que vous reprenez à votre compte :
« Notre manière de voir les choses conditionne notre façon d’agir ». 

Au moins sur ce point nous sommes d’accord !

Nous remercions et saluons Territoires de la Mémoire dans leur volonté concrète et « actualisée » de défendre des valeurs humanistes. C’est une chose de se souvenir des horreurs des temps plus anciens, c’en est une autre de s’impliquer dans une préoccupation actuelle… malgré le lien facile à faire avec des pratiques d’un autre temps… quoi que prétendent le bourgmestre, son parti et le gouvernement auquel il participe, qui semblent malheureusement avoir la mémoire – très – courte !

Les deux autres derniers points du Conseil Communal auront été des interpellations citoyennes introduites par deux membres de notre locale Ecolo, Jeanne-Françoise Kreutz et Quentin Jacques.

La première interpellation, déposée par Quentin Jacques, proposait à la commune de déposer une Motion relative à la sécurité de la Centrale de Chooz (voir la motion en fin d’article).

La réponse du bourgmestre à cette proposition de motion aura été un étrange mélange d’agressivité… et de naïveté. Agressivité déplacée, face à une inquiétude justifiée par une suite discontinue d’incidents à la centrale de Chooz, ces dix dernières années (voir le listing en fin d’article), et une attention simplement portée à la sécurité et à la bonne santé de nos concitoyens. Naïveté, ensuite, car le bourgmestre se félicite – comme le bourgmestre de Beauraing – de la qualité de communication et d’échange avec la centrale. Rappelons malgré tout que là où Gedinne reçoit 11.119 € par an en terme de « dédommagement » de la centrale de Chooz… Beauraing en perçoit plus de 70.000 € ! Afin de vérifier la bonne sécurité de la centrale, le bourgmestre se propose d’organiser – à l’instar du bourgmestre de Beauraing – une visite de la centrale de Chooz et de rencontrer le directeur de la centrale, afin que celui-ci le rassure !?!

Pour rappel, ladite visite des élus beaurinois s’est soldée par… un incident ! En effet, au moment de sortir de la centrale, la délégation d’édiles beaurinois s’est avérée… contaminée ! Les élus ont dû quitter leurs vêtements, enfiler des trainings… et sont restés « prisonniers » de la centrale, pour être enfin « libérés » par la sécurité de la centrale, après que la validité de leur badge d’accès ait expiré !

Sans doute cette expérience aura t-elle rassuré les élus beaurinois, et par ricochet, notre bourgmestre et son équipe ?
Nous les invitons à prendre rendez-vous dans les plus brefs délais avec la centrale pour conforter à leur tour leur confiance dans la centrale de Chooz !
(Pour information, NOUS avons bien entendu déjà visité la centrale !).

 

La deuxième interpellation, portée par Jeanne-Françoise Kreutz, a rencontré un bien meilleur accueil.

Elle proposait d’implémenter dans notre commune la boîte « Senior Focus », qui permet aux services d’urgences d’être rapidement – et efficacement – informés de la situation médicale d’un senior, lors d’une intervention à domicile. Concrètement, une « boite » serait présente dans le frigo du senior, qui contiendrait toutes les informations relatives à sa situation et son traitement médical, par exemple (voir interpellation en attache de cet article).

Le bourgmestre ainsi que la présidente du CPAS, Sylvianne Simon répondront que le CPAS et la Zone de Police semblent déjà sur le coup, et renvoient la population à une séance d’information sur le sujet, courant avril 2018.

Bonne nouvelle, donc, pour une initiative intéressante.

 

Documents (cliquer dessus pour les agrandir):

CHOOZ

 

SENIOR FOCUS

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